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lundi 14 octobre 2019

La Passe-Miroir, tome 3 : La mémoire de Babel, de Christelle Dabos


Auteur·trice·s : Christelle Dabos
Éditeur·trice : Gallimard
Collection : Jeunesse
Pages : 483
Date de parution : 1er juin 2017
Genre·s : Roman, jeunes adultes, fantasy

Synopsis : Thorn a disparu depuis deux ans et demi et Ophélie désespère. Les indices trouvés dans le livre de Farouk et les informations livrées par Dieu mènent toutes à l'arche de Babel, dépositaire des archives mémorielles du monde. Ophélie décide de s'y rendre sous une fausse identité.

Mon avis : Il y a plus d'un an déjà, je lisais le second tome de cette série , Les disparus du Clairedelune. Nous retrouvons Ophélie, deux ans après la disparition de Thorn, qui se retrouve sur une nouvelle arche, Babel, qui détient la mémoire du monde. Dans ce monde très formaté, de nombreux mots - se référant à la violence - sont interdits. 

Ainsi, c'est l'occasion de parler d'un univers totalitaire et de censure. Derrière cette façade de perfection, Babel cache bien des secrets... Quant à Ophélie, elle se retrouve de nouveau en grand danger et veut absolument découvrir où est Thorn et s'il va bien. 

J'ai quelque peu peiné pour me lancer dans ce troisième volume, parce que la lecture du précédent commençait à remonter et j'étais parfois perdue, tant l'intrigue s'est complexifiée en trois tomes. Ceci dit, c'était un véritable plaisir de retrouver cet univers (bien que l'arche de Babel soit complètement différente) et les différent·e·s protagonistes. J'ai également aimé découvrir les nouveaux personnages, qui me paraissent intéressants. 

Le jour où j'ai commencé ma lecture, la couverture du quatrième et dernier volume était présentée sur les réseaux sociaux, ce qui m'a encore plus animée pour poursuivre. Je vais avoir peu de temps avant de pouvoir découvrir le fin mot de l'histoire, c'est un mélange d'appréhension, de tristesse et de joie...! 

En tous cas, les nombreux péripéties m'ont permis de ne jamais m'ennuyer, et, même si la quasi-absence de certains personnages m'a un peu déçue, c'était une très chouette lecture !

15/20

dimanche 18 août 2019

Je suis une fille de l'hiver, de Laurie Halse Anderson


Auteur·trice·s : Laurie Halse Anderson
Traducteur·trice·s : Marie de Prémonville
Éditeur·trice : Anne Carrière
Collection : La belle colère
Pages : 316
Date de parution : 2016
Genre·s : Roman, jeunes adultes

Synopsis : Maintenant qu’elles ont 18 ans, elle se sont éloignées l’une de l’autre. Malgré ça, Cassie a appelé Lia 33 fois la nuit de sa mort. Celle-ci n’a jamais répondu. Lia se retrouve seule, hantée par le souvenir de son amie, ravagée par la culpabilité de n’avoir pas pu la sauver, obsédée par son besoin d’être mince, et son combat pour accepter son corps. Le tout se mèle dans un monologue intérieur presque poétique piégé dans une narration étonnamment vive et juste. Dans son roman le plus émouvant depuis Vous parler de ça, Laurie Halse Anderson explore le combat d’une jeune fille, son chemin douloureux vers la guérison, et ses tentatives désespérées pour se raccrocher à ce qui est le plus important : l’espoir. Ce qui nous intéresse finalement n’est pas ce qui lui se passe à la fin mais bien le voyage que nous entreprenons aux côtés de Lia dans sa lente agonie, sa douleur inexplicable et sa tentative de donner un sens à sa vie.

Mon avis : Une de mes amies ayant particulièrement apprécié ce livre - que je lui avais offert -, j'étais curieuse de découvrir pourquoi, d'autant plus que le sujet m'intriguait. L'anorexie mentale, ce symptôme psychologique qui reste encore un grand tabou. 

Dans ce roman, Laurie Halse Anderson parle de Lia, une jeune femme de dix-huit ans anorexique, dont la meilleure amie, Cassie, vient de mourir. Cassie était elle aussi une "fille de l'hiver", le nom qu'elles s'étaient donné. Bien qu'elles s'étaient éloignées depuis quelques mois, c'est Lia que Cassie a appelé la nuit de sa mort. Trente-trois fois. 

Au fur et à mesure de la lecture, nous prenons la mesure de jusqu'où Lia est entrée dans l'anorexie. Refusant de voir qu'elle est malade, elle rejette sa famille (surtout sa mère, mais aussi son père et sa belle-mère) qui tente - très maladroitement, il est vrai - de l'aider à s'en sortir. Après la mort de Cassie, la santé mentale de la jeune femme ne va faire qu'empirer. 

Ce roman raconte l'histoire d'une adolescente mal dans sa peau, lancée dans une course effrénée de la maigreur. Pour y parvenir, elle a arrêté de manger. Plus elle perd du poids, plus elle veut continuer à en perdre. Il n'est pas évident de comprendre les troubles du comportement alimentaire si nous ne les vivons pas, et il me semble que Laurie Halse Anderson a plutôt bien abordé le sujet. 

Nous sommes en effet plongé·e·s à l'intérieur de la tête de cette jeune femme qui se trouve toujours trop grosse, le seul chiffre acceptable à ses yeux étant le zéro. L'autrice met des mots sur ce mal-être qui ronge de l'intérieur, grignotant chaque parcelle de l'être qui en souffre. Je n'ai pas eu de TCA, mais j'ai des proches qui en ont, et ce livre me permet de mieux appréhender ce qu'elles vivent. 

Encore une fois, je voudrais apporter tout mon soutien à cette personne si chère à mon coeur, qui se bat chaque jour contre elle-même. Elle résiste, elle s'accroche. Elle fait preuve d'un courage et d'une volonté à toute épreuve, et je sais qu'elle va s'en sortir. Je suis sûre que tu vas lire cet article, alors je voudrais te dire que je t'aime et que je vais faire mon possible pour continuer à t'aider. 

Dévoré en moins de vingt-quatre heures, c'est un livre qui m'a beaucoup plus. Les différents protagonistes sont intéressants et le style d'écriture est plaisant, bien que j'étais déroutée par ces mots rayés. 

Cet ouvrage est poignant, bouleversant, criant de vérité. Je le recommande vraiment à toutes les personnes qui ont un·e proche anorexique, et à celles qui aimeraient comprendre. Je suis sûre que ce roman peut aider des gens qui souffrent de ce symptôme, et j'espère de tout mon cœur qu'elles iront mieux. 

16/20

dimanche 30 juin 2019

Blé noir, d'Aurélie Wellenstein


Auteur·trice·s : Aurélie Wellenstein
Éditeur·trice : Gulf Stream
Collection : Electrogène
Pages : 219
Date de parution : 11 avril 2019
Genre·s : Roman, jeunes adultes

Synopsis : Lilian est membre d'un réseau de hackers engagé dans la défense animale. Sa mission du jour : dénoncer les mauvais traitements infligés aux animaux dans les grands parcs aquatiques. L'adolescent n'est pas peu fier de lui lorsqu'il voit le résultat de son piratage relayé par les réseaux sociaux ! Puis une rencontre... Celle de Blé, jeune fille enflammée et charismatique, prête à tout pour dessiner un monde plus juste et sans souffrance animale. Tombé sous le charme de la jeune fille, Lilian s'accroche à elle comme à la promesse d'un avenir meilleur. Mais Blé cache des plaies profondes, des brûlures à l'âme qu'il doute de savoir panser... Elle va pourtant lui montrer qu'il est capable d'aller plus loin, laissant derrière lui le confort de son quotidien. Ils se sont trouvés pour ne plus se quitter. Mais leurs idéaux sont brusquement rattrapés par les démons qui hantent la vie de Blé... Il faut fuir, et vite !

Mon avis : Après avoir entendu parler de ce livre dans des storys Instagram (j'ai oublié celles de qui), j'étais vraiment tentée par ce livre, si bien que je me suis jetée dessus sans la moindre hésitation, lorsque je l'ai vu dans les nouveautés de la médiathèque. 

L'intrigue - qui m'attirait tant - raconte celle de Lilian, un jeune adolescent membre d'un réseau de hackers engagé dans la cause animale, qui participe à une action en ligne de sabotage contre le parc aquatique Marineland, alors qu'il est en vacances en famille à Nîmes. Et puis, il va faire la rencontre d'une jeune fille de son âge, Blé. Elle est également dans une envie de défendre les droits des animaux, ce qu'elle fait à travers diverses actions activistes dans la rue. 

Une nuit, Blé va entraîner Lilian pour saccager les arènes de la corrida de Nîmes. Lui, alors qu'il ne faisait que des actions sur Internet, va découvrir un monde qui lui est complètement inconnu. Et puis, suite à un événement, Blé va s'enfuir de chez elle et Lilian, par admiration, par amour, va venir avec elle. Accompagné·e·s du chien de Blé, Caillou, recueilli à la SPA, les deux adolescent·e·s partent sur la route, ce qui va les mener à une escalade de violence. 

À travers ce roman, l'autrice parle d'une relation toxique et de l'activisme antispéciste (l'antispécisme, c'est refuser la hiérarchie entre les différentes espèces animales et considérer que l'espèce n'est pas un critère pertinent pour décider la manière dont on doit traiter un animal). Ce n'est pas dans rappeler La Guérilla des animaux de Camille Brunel, sorti lors de la rentrée littéraire 2018, un roman que j'avais beaucoup aimé. 

C'est la peur au ventre que je lisais ce roman, tant je me demandais jusqu'où Blé et Lilian iraient pour sauver les animaux. Étant moi-même antispéciste, militante pour les animaux et végane, je ne pouvais qu'être d'accord avec leurs idées (mais pas forcément leur manière de faire). Aurélie Wellenstein montre le côté très radical qu'il peut y avoir dans certaines actions antispécistes, n'embellit pas la chose... mais parle aussi de l'exploitation animale telle qu'elle est, de la corrida en passant par les poules pondeuses et les abattoirs de cochons. 

Cette histoire s'ancre dans la réalité et l'actualité, face au désastre écologique vers lequel nous courrons en continuant de consommer des produits d'origine animale, entre autres. Elle évoque un désir d'un monde plus juste, mais aussi une relation adolescente qui n'est pas saine. C'est brut, parfois violent, mais c'est un ouvrage qui fait réfléchir sur beaucoup de sujets. 

16/20