mercredi 9 janvier 2019

Appelez-moi Nathan, de Catherine Castro et Quentin Zuttion


Illustrateur·trice·s : Quentin Zuttion
Scénariste·s : Catherine Castro
Coloriste·s : Quentin Zuttion
Éditeur·trice : Payot
Collection : Graphic
Pages : 141
Date de parution : 5 septembre 2018
Genre·s : Bande-dessinée, témoignage

Synopsis : Nathan est né Lila, dans un corps de fille. Un corps qui ne lui a jamais convenu, il décide alors de corriger cette erreur génétique avec le soutien indéfectible de sa famille, ses amis, ses profs et, à seize ans, des injections de testostérone de 0,8 mg par mois. Quitte à devenir quelqu'un, autant que ce soit vous-même.

Mon avis : Je connais Quentin Zuttion à travers Internet (où il se faisait appeler Monsieur Q.), et j'avais envie de lire ces bandes-dessinées depuis un moment... à l'approche d'une rencontre à la librairie de ma ville, La Nuit des Temps, avec lui et Catherine Castro, je me suis lancée dans cette lecture. 

Nous allons suivre un ado, assigné fille à la naissance et qui s'appelle Lila. Lorsque nous faisons sa connaissance, il ne sait pas encore qu'il est trans et se questionne énormément sur lui-même... jusqu'à ce qu'il comprenne qu'il n'est pas une fille, mais un garçon, et qu'il veut qu'on l'appelle Nathan. 

N'étant pas moi-même trans, je ne peux pas vous dire si le sujet a été bien abordé par Catherine Castro, la scénariste, mais c'est en tous cas l'impression que j'en ai. Elle a relaté le témoignage d'une personne, qui a préféré rester anonyme. 

C'est un message beau et fort, parfaitement mis en valeur par les illustrations de Quentin Zuttion, dont j'apprécie beaucoup l'utilisation des couleurs, qui apportent une douceur aux dessins... excepté pour quelques uns, qui sont d'une extrême violence. En effet, Nathan va devoir faire face à une dysphorie de genre et être violent avec lui-même. Si vous êtes sensible aux images de sang, d'auto-mutilation, etc., je vous conseille de passer votre chemin... 

Cet ouvrage permet de mieux comprendre la transidentité, et c'est très certainement grâce au témoignage de cette personne anonyme, mais aussi au talent de la scénariste et de l'illustrateur. C'est la première fois que je lis un livre sur le sujet, mais je suis plusieurs chaînes YouTube qui parle de transidentité, entre autres choses (je pense notamment à H Paradoxae, Tipoui et Mx Cordélia - cette dernière personne parle de livres LGBTQI+, d'ailleurs). Si vous voulez approfondir le sujet, je vous les recommande chaudement. 

Un très beau témoignage mis en lumière par les mots de Catherine Castro et les illustrations de Quentin Zuttion, qui peut aider à mieux comprendre la transidentité et à être ouvert·e d'esprit sur le sujet. 

16/20

Doggy Bags : Teddy Bear, de Francesco Giugiaro et Jérémie Gasparutto


Illustrateur·trice·s : Jérémie Gasparutto
Scénariste·s : Francesco Giugiaro
Coloriste·s : Jérémie Gasparutto
Éditeur·trice : Ankama
Collection : Label 619
Pages : 128
Date de parution : 20 avril 2018
Genre·s : Bande-dessinée, horreur

Synopsis : Le trajet halluciné et cauchemardesque d’Odrissa, un jeune enfant-soldat au sein d’une Afrique imaginaire déchirée par la guerre civile. C’est à la fois une quête initiatique, et la recherche d’une enfance peut-être à jamais perdue. Un récit d’horreur et de magie, de solitude et de rencontres.

Mon avis : J'ai eu envie de découvrir la série des DoggyBags grâce à mon petit ami qui m'en avait parlé. J'aurais donc lu le premier avec ce one-shot à la couverture cartonnée, toujours dans le même esprit que la saga d'origine. 

Nous suivons Odrissa, un jeune adolescent qui a été enrôlé comme guerrier et qui va gagner son nom de bataille : Teddy Bear, cette peluche ayant appartenu à une petite fille qui l'accompagnera partout, même dans ses délires nocturnes... En effet, l'enfant-soldat est traumatisé par son passé et, malgré les horreurs qu'il a vécues, il a la volonté de s'intégrer dans la troupe, quitte à tuer des personnes innocentes. 

À travers cette histoire, le scénariste, Francesco Giugiaro nous emmène dans une Afrique sombre et dévastée par la violence et la misère, où les habitant·e·s ont chacun·e leur lot de traumatismes qui les font agir de différentes manières. Au fur et à mesure du récit, je me suis attachée au personnage d'Odrissa, j'avais un puissant désir de le voir s'en sortir... 

Les illustrations de Jérémie Gasparutto collent parfaitement à ce qui nous est raconté, et le·la lecteur·rice n'est pas épargné·e des horreurs, que ce soit ce qui se passe dans la réalité ou dans les hallucinations (dues à la drogue) de Teddy Bear. 

Grâce à cette histoire, l'auteur et l'illustrateur ont pu aborder un thème dont j'avais entendu peu parler : les enfants-soldats. C'est un sujet sensible dont je connaissais peu de choses, et j'ai pu en apprendre plus grâce aux pages de dossiers dont la bande-dessinée est entrecoupée. C'était enrichissant et intéressant, même si le sujet était dur. 

Je suis ravie d'avoir pu faire la découverte de cet ouvrage et en apprendre plus sur l'enrôlement des enfants dans les conflits armés, grâce à la Masse Critique Babelio et aux éditions Ankama qui m'ont envoyé ce livre.

15/20

Love is love, de Marc Andreyko


Dirigé par : Marc Andreyko
Traducteur·trice·s : Jean-Paul Jennequin, François Penaud et Céline Graf
Éditeur·trice : Bliss Comics
Pages : 160
Date de parution : 25 novembre 2017
Genre·s : Comics,  témoignages

Synopsis : Le 12 juin 2016 à Orlando, en Floride, 49 personnes furent assassinées en raison de leur identité sexuelle. Aujourd'hui, le monde des comics se réunit pour rendre hommage aux victimes de l'attentat du Pulse. 

Scénaristes, artistes et personnalités du monde entier, inspiré·e·s par cet événement tragique, livrent dans ce recueil des histoires inédites. Tous et toutes y expriment leur tristesse et leur compassion, leur frustration et leur espoir. En rendant hommage aux victimes, aux survivants et à leur famille, ils·elles transmettent un message universel de paix et de tolérance.

Mon avis : À l'initiative de Marc Andreyko et de l'éditeur IDW Publishing (avec le soutien de DC Comics), Love is love a vu le jour afin de rendre hommage aux 49 personnes qui ont été tuées le 12 juin 2016 dans la boîte de nuit Pulse, à Orlando, parce qu'elles étaient des personnes LGBTQI+. Par ailleurs, tous les bénéfices de cet ouvrage sont reversés à des associations LGBT+ et à SOS homophobie. 

Nous commençons la lecture avec les noms de toutes les victimes et leur âge, puis une introduction de Patty Jenkins (réalisatrice de Monster et Wonder Woman) que j'ai trouvée très chouette (cela m'a donné envie de voir Monster, à ce propos). Au niveau des bandes-dessinées, elles font pour la plupart une page, et ne dépassent jamais les 3 ou 4. Ce sont donc des histoires très courtes, voire une seule planche... 

Et en si peu de temps, j'ai pu me plonger dans les histoires de ces différents protagonistes (fictifs ou non) qui nous parlent de l'attentat ou, plus généralement, de l'homosexualité et des LGBTphobies. Certaines m'ont moins plu, soit par rapport au texte ou aux illustrations, mais j'ai tout de même aimé chaque page de ce comics. 

Mes préférées sont les suivantes : l'histoire où un petit garçon pose des questions à son père, scénarisée par Teddy Tenenbaum et illustrée par Mike Huddleson ; la conversation téléphonique (basée sur une vraie) entre le fils et ses parents, de Nunzio DeFilippis, Christina Weir, Emma Vieceli et Christina Strain ; celle avec Batman qui essaie de résoudre l'énigme, de Marc Guggenheim, Brent Peeples et Chris Sotomayar ; et l'illustration Harry Potter de Jim Lee (colorisée par Mark Chiarello). 

Ce sont celles qui m'ont le plus touchée. Je trouve que l'illustration sur Harry Potter de Jim Lee est magnifique, et la citation choisie est parfaite : "Les différences de langage et de culture ne sont rien si nous partageons les mêmes objectifs et si nous restons ouverts les uns aux autres". C'est une phrase qui, me semble-t-il, est prononcée par Albus Dumbledore dans Harry Potter et la Coupe de Feu, lorsqu'il fait un discours d'hommage à la fin du livre. 

Quant aux histoires citées plus haut, elles m'ont émue aux larmes. Elles représentent à la fois la colère qui m'habite quand je regarde ce qu'il se passe dans le Monde, quand je pense à toute cette haine, et l'espoir d'un avenir plus beau et tolérant, ainsi que l'amour que je peux ressentir. 

J'ai aimé ce livre pour la diversité dans les histoires, les illustrations, les couleurs, les textes. C'est un ouvrage qui m'a permis de découvrir de nouveaux·elles artistes. Et, surtout, il délivre un message. C'était beau, touchant, militant, et indispensable. Ce livre nous rappelle que l'amour, c'est l'amour. 

16/20