jeudi 13 avril 2017

Gustave & Céleste, d'Anne-Gaëlle Balpe, Séverine Vidal et Terkel Risbjerg

Auteur·trice·s : Anne-Gaëlle Balpe et Séverine Vidal
Illustrateur·trice·s : Risbjerg
Éditeur·trice : La Palissade
Pages : 63
Date de parution : 16 mars 2017
Genre : Jeunesse

Synopsis : Gustave a toujours la tête dans les étoiles, et il passe aux yeux des autres pour un drôle de zèbre, avec un Z, comme sa ligne de bus. Bus duquel il peut observer les jardins, surtout celui de Céleste. 
Céleste, elle, se fait lire les cartes par son amie Irma. Va-t-elle gagner au Loto, ou rencontrer des extra-terrestres ? En attendant, Céleste observe Gustave. Il n'est pas comme les autres et ça lui plaît bien.


Mon avis : Nous allons suivre Gustave, un enfant un peu différent qui pose beaucoup de questions et qui n'est pas très apprécié à l'école. Malgré tout, il va attirer l'attention de Céleste, une autre élève que lui observe discrètement durant quelques secondes à chaque fois que le bus s'arrête devant chez elle. Un peu par hasard, les deux jeunes gens vont se retrouver à discuter et à se connaître.

C'est une histoire que nous allons suivre des deux points de vue : d'abord celui de Gustave, puis celui de Céleste. Nous allons voir à quel point l'imagination des enfants est débordante, au point que cela m'a fait sourire. C'est une petite rencontre mignonne. J'ai bien aimé découvrir cette histoire, que je trouve très sympathique pour les plus jeunes. 

De plus, le livre est agrémenté de quelques illustrations, ce qui peut faciliter la lecture (à partir de sept ou huit ans, selon moi). Illustrations que j'ai trouvées très jolies. En somme, c'était une bonne découverte !

13/20

mardi 28 mars 2017

Lucie est partie, de Sebastian Loth

Auteur·trice·s : Sebastian Loth
Illustrateur·trice·s : Sebastian Loth
Traducteur·trice·s : Martine Desbureaux 
Éditeur·trice : NordSud
Pages : 66 pages
Date de parution : 2010
Genre : Album, jeunesse

Synopsis : Chaque jour, Zelda rendait visite à son amie Lucie. Elles partageaient tout : leurs lectures, leurs jeux, leurs découvertes. Mais un jour, Lucie disparut...
"Elle est partie pour un très long voyage", expliquèrent les autres oies à Zelda. 
Mais Zelda ne comprit pas....
Voici l'histoire drôle et poignante d'une amitié qui jamais ne s'éteindra. 


Mon avis : Zelda est une petite oie qui passe beaucoup de temps avec Lucie, une tortue, qui est sa meilleure amie. Mais un jour, Lucie n'est plus là. D'après les autres oies, elle est "partie pour un très long voyage". Zelda ne comprend pas : mais où est Lucie ? Alors, elle part à sa recherche...

C'est un album très court, destiné à de jeunes enfants, pour évoquer la mort d'un être cher et le deuil. À travers des illustrations simples, Sebastian Loth m'évoquent la douceur et la sensibilité. 

Cette histoire est très courte mais permet d'aborder un thème important auprès des enfants : la mort. C'est tendre, émouvant et malheureusement très court. 

Lucie est partie est une jolie histoire que j'ai bien aimé découvrir. 

13/20

Princesses oubliées ou inconnues..., de Rebecca Dautremer et Philippe Lechermeier

Auteur·trice·s : Philippe Lechermeier
Illustrateur·trice·s : Rebecca Dautremer
Éditeur·trice : Gautier-Languereau 
Pages : 89
Date de parution : 2004
Genre : Album, jeunesse

Synopsis : Dans Princesses, il y a Cendrillon et quelques autres célébrités mais on y trouve surtout des princesses oubliées, des princesses injustement ignorées. Ce n'est pas tout. 

Dans Princesses, il y a des histoires, des anecdotes, des secrets et des portraits. Il y a des choses qui font rire, qui font peur, d'autres encore qui font rêver. Et ce n'est pas tout.

Dans Princesses, il n'y a pas que des princesses. Il y a aussi des cailloux, des ombrelles et des baisers. Des jardins, un prince, des papillons noirs. Un planisphère, des mystères. De l'amour. Comme toujours. Mais il n'y a pas que ça. 

Princesses parle de princesses comme personne ne l'a jamais fait, les montre comme vous ne les avez jamais vues. Mais ce n'est pas tout... 


Mon avis : Je me suis laissée convaincre par la magnifique couverture et, sachant que Rebecca Dautremer est une illustratrice de talent, j'ai lu ce livre sans trop d'appréhension. Des princesses ? On verra bien... 

Je ne m'attendais absolument pas à ça. Des portraits de princesses oubliées ou inconnues (comme l'indique le titre), qui sont bien loin des princesses qui ne font qu'attendre le prince charmant (fort heureusement, même chez Disney, elles ne sont pas toutes comme ça). Dans ce livre, nous avons une flopée de personnes très différentes, avec des portraits réalisés à la manière d'un poème. C'est décalé, c'est original, c'est drôle... 

Quant aux illustrations, je n'ai pas été déçue. Elles sont sublimes, et je suis ravie d'avoir (enfin) découvert le travail de Rebecca Dautremer. 

En somme, c'était une très bonne découverte, complètement inattendue mais néanmoins très sympathique. 

15/20

mercredi 22 mars 2017

Le rapport de Brodeck, de Manu Larcenet et Phillippe Claudel

Auteur·trice·s : Philippe Claudel
Illustrateur·trice·s : Manu Larcenet
Scénariste·s : Manu Larcenet
Éditeur·trice : Dargaud
Genre : Bande-dessinée, drame

Synopsis : Je m'appelle Brodeck et je n'y suis pour rien. Je tiens à le dire. Il faut que tout le monde le sache. 

Moi je n'ai rien fait, et lorsque j'ai su ce qui venait de se passer, j'aurais aimé ne jamais en parler, ligoter ma mémoire, la tenir bien serrée dans ses liens de façon à ce qu'elle demeure tranquille comme une fouine dans une nasse de fer.

Mais les autres m'ont forcé : "Toi, tu sais écrire, m'ont-ils dit, tu as fait des études." J'ai répondu que c'étaient de toutes petites études, des études même pas terminées d'ailleurs, et qui n'ont pas laissé un grand souvenir. Ils n'ont rien voulu savoir : "Tu sais écrire, tu sais les mots, et comment on les utilise, et comment aussi ils peuvent dire les choses. 

Ça suffira. Nous on ne sait pas faire cela. On s'embrouillerait, mais toi, tu diras, et alors ils te croiront". 


Mon avis : 

Tome 1 (158 pages) : Dans cette histoire, nous suivons un homme, Brodeck, revenu depuis peu des camps, qui va se retrouver bien malgré lui mêlé à une sombre affaire de meurtre. Venu chercher du beurre, il rentre dans l'auberge du village, bondée. Seul l'Anderer, l'étranger, est absent, et Brodeck va rapidement comprendre que ce dernier a été assassiné par les autres... Ceux-là vont lui demander de rédiger un rapport pour expliquer leur geste, les dédouaner. Oppressé et contraint, il se lance dans la rédaction mais, en parallèle à cela, écrit une toute autre vérité... 

C'est dans un décor sombre, avec des planches uniquement en noir et blanc, que nous allons suivre cette histoire. L'ambiance est tendue, aussi glaciale que l'air que respire Brodeck. De nombreuses cases sont muettes, mais Manu Larcenet y transmet tout de même quelque chose, au travers ces sublimes illustrations. Il alterne entre paysages enneigés et images plus sombres, tout comme certains personnages sont fondamentalement bons (comme Brodeck) et d'autres sont mauvais, comme ceux qui le surveillent. 

Au fur et à mesure, grâce à des retours en arrière, nous en apprenons plus sur l'Anderer et son arrivée dans le village, ainsi que l'histoire de Brodeck. 

C'est avec grand plaisir que j'ai découvert cette bande-dessinée, adaptée du roman de Phillippe Claudel, que j'ai désormais très envie de lire. Une fois encore, Manu Larcenet a su faire preuve de talent, que j'avais déjà découvert en lisant Blast.

16/20

Tome 2 (165 pages) : Après un très bon premier tome, j'ai rapidement ouvert celui-ci afin de savoir pourquoi les villageois avaient tué l'Autre, l'Anderer ? Brodeck doit toujours écrire le rapport pour "expliquer" ce geste en dédouanant les criminels, ce qu'il ne désire pas faire... Qui va gagner, de l'homme innocent qui désire la justice, et des assassins sans pitié qui ne regrettent pas leur geste ? 

Encore une fois, les dialogues sont assez peu présents, mais il est quand même possible de comprendre ce qui se passe, d'en saisir l'ambiance... sombre et pesante. 

Je n'ai pas lu le roman de Philippe Claudel, mais cette adaptation est très noire, en tous cas. C'est le genre d'ouvrage que j'ai envie de relire dans ma vie, afin de mieux le comprendre, mieux le découvrir...

16/20

mardi 21 mars 2017

Mon fils victime de happy slapping, d'Angèle Martin

Auteur·trice·s : Angèle Martin
Éditeur·trice : Eyrolles
Pages : 149
Date de parution : 10 septembre 2015
Genre : Témoignage

Synopsis : À 11 ans, Romain est un collégien sans histoires qui débute son année de 5e. Il vit avec sa famille dans une petite ville calme et partage ses journées entre cours, copains et football. 
Un jour de novembre, au sein de son établissement scolaire, il est maintenu au sol par une bande d'élèves et roué de coups de pieds. La scène sera publiée sur les réseaux sociaux. 
Romain et sa famille l'ignorent encore, ce qui s'est déroulé dans la cour de l'école a été sciemment organisé pour en diffuser la vidéo en ligne. Cette pratique cruelle de passage à tabac se nomme le Happy slapping. 
Ce témoignage relate le long combat de Romain et de sa mère pour identifier les auteurs de l'agression, interdire la diffusion de la vidéo et mettre des mots sur la violence du traumatisme. 


Mon avis : Quand j'ai vu ce livre à la médiathèque, je l'ai emprunté sans l'ombre d'une hésitation. Avant cette lecture, je ne connaissais pas le principe de happy slapping. Je savais qu'il existait des élèves frappés, tabassés, et filmés, pour que la vidéo soit diffusée sur les réseaux sociaux. C'est ce qui est arrivé à Romain, onze ans à l'époque. Dans ce livre, sa mère, professeure, va être horrifiée en apprenant ce qui est arrivé. Petit à petit, son fils va faire des cauchemars, être malade au collège, oublier ses cahiers, etc. Heureusement, sa famille sera présente pour lui à chaque instant. 

Ce livre, c'est le témoignage de sa mère, qui raconte le long calvaire vécu par son fils et toute leur famille, et le combat pour obtenir la justice. 

Sensibilisée au harcèlement scolaire, j'ai été très touchée par cette histoire. Je n'ose imaginer la douleur de Romain (et de sa famille) en apprenant qu'il avait été filmé dans ce moment humiliant, et que n'importe qui pouvait visionner la vidéo sur Internet... Le manque de compassion et de réaction m'a énervée au plus haut point, sans pour autant me surprendre. Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire... C'est souvent ce qui arrive dans ce genre de situation, malheureusement. La détermination et le courage d'Angèle Martin et de son fils Romain sont admirables, face à une justice et des personnes qui ne voulaient rien savoir.

Même si ce qui est arrivé à Romain est terrible, cela permet de lever le voile sur une nouvelle mode : le happy slapping, tout en évoquant le sujet du harcèlement (qui est intrinsèquement lié, selon moi). C'était un témoignage intéressant, et je suis contente d'avoir eu l'occasion de le découvrir.

14/20

samedi 18 mars 2017

Marche ou crève, de Richard Bachman (Stephen King)

Auteur·trice·s : Richard Bachman (Stephen King)
Traducteur·trice·s : France-Marie Watkins
Éditeur·trice : Le Livre de Poche
Pages : 379
Date de parution : 2009
Genre : Science-fiction, thriller

Synopsis : Garraty, un jeune adolescent natif du Maine, va concourir pour "La Longue Marche", une compétition qui compte cent participants. 
Cet événement est très attendu. 
Il sera retransmis à la télévision, suivi par des milliers de personnes. 
Mais ce n'est pas une marche comme les autres, plutôt un jeu sans foi ni loi...
Garraty a tout intérêt à gagner.
Le contraire pourrait lui coûter cher. 
Très cher... 


Mon avis : Dans ce roman, nous allons suivre cent jeunes garçons qui participent à la Longue Marche, suivie chaque année par des milliers de téléspectateur·trice·s. Parmi les marcheurs, Ray Garraty, autrement appelé le "Champion du Maine" ou le "numéro 47", qui participe sans trop savoir pourquoi. Le but ? Marcher jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'un. Le prix pour le gagnant ? Tout ce qu'il désire. Et les perdants ? Ils sont tous abattus d'une balle dans la tête, éliminés un par un. 

Si l'un des marcheurs a un comportement suspect ou a une allure inférieure à 6,5km/heure, il reçoit un avertissement (qui sera levé au bout d'une heure de marche). Après le troisième avertissement, le marcheur est abattu. 

Nous allons suivre Garraty et les jeunes hommes qu'il va rencontrer lors de la Longue Marche à travers l'Amérique : Mc Vries, Olson, Stebbins, Abraham, Barkovitch... et tous les autres participants. Marche ou crève, cette expression prend tout son sens dans cette histoire. 

Au début, j'avais du mal à accrocher et finalement, j'ai bien aimé ma lecture. Les marcheurs discutent entre eux : de la vie, de la mort, de la Longue Marche, de leur vie... Comme les personnes dans la foule, j'étais fascinée en les suivant. Qu'il est bon d'être chez soi, dans son petit confort, en lisant cette histoire surréaliste où les personnes qui ne sont pas suffisamment rapides meurent. Et pourtant, chaque année, toujours autant de participants. 

Au fur et à mesure de la Longue Marche, les jeunes hommes, au départ sains de corps et d'esprits, finissent à l'état de zombie à force d'avaler les kilomètres, la fatigue, l'odeur omniprésente de la mort... 

Le bémol de ce roman, c'est qu'il y a des passages assez répétitifs. Même si les interactions entre les différents personnages sont très intéressants, les événements finissent par se ressembler entre eux. Malgré cela, j'ai apprécié cette lecture et j'ai passé un très bon moment. Stephen King (qui a publié ici sous le nom de Richard Bachman) a réussi à rendre cette Longue Marche captivante.

13/20

jeudi 9 mars 2017

Rides, de Paco Roca

Auteur·trice·s : Paco Roca
Illustrateur·trice·s : Paco Roca
Traducteur·trice·s : Carole Ratcliff
Éditeur·trice : Delcourt
Collection : Mirages
Pages : 100
Date de parution : Février 2007
Genre : Bande-dessinée, contemporain

Synopsis : Admis dans une résidence pour le troisième âge parce qu'il souffre de la maladie d'Alzheimer, Ernest ressent la vie en collectivité comme une épreuve. Mais il accepte bientôt son nouvel environnement et décide de se battre afin d'échapper à la déchéance à laquelle son mal le destine. Pour l'auteur, la communauté des hommes est pareille à une bibliothèque dans laquelle les livres s'amoncellent en montagnes de papier jaunissant peuplées de rêves et de fantaisies. L'usure de toute une vie les couvre de rides, et certains voient les lettres de leurs pages s'effacer, feuille après feuille, jusqu'à redevenir entièrement blanches. Malgré cela, les émotions les plus intenses survivent, préservées comme un trésor caché sur une île lointaine...

Mon avis : J'avais été très touchée par la bande-dessinée Pour la vie de Stassi et Goupil, et c'est là que quelqu'un m'avait recommandé Rides. Alors, quand j'ai vu ce dernier à la médiathèque, je n'ai pas hésité une seconde !

L'histoire, c'est celle d'Ernest, un homme d'un certain âge qui arrive en maison de retraite. Il se sent délaissé par sa famille, mais il est très bien accueilli par Emile, un autre pensionnaire avec lequel il partage sa chambre. Ce dernier lui fait visiter l'endroit et lui présente les autres personnes. C'est à la fois drôle et triste de voir le comportement des différents personnages. Ernest, quant à lui, ne prend pas conscience de sa maladie. 

Cette bande-dessinée m'a permis de prendre d'autant plus conscience de la solitude et de la tristesse qui régnait dans les maisons de retraite, dans lesquelles je me suis toujours sentie mal à l'aise. Paco Roca a su très bien dresser le portrait de ces lieux : des personnes, souvent perdues, réglés uniquement par les horaires de repas et du coucher. Je me sens impuissante face à tout cela, et en même temps, je ne vais pas souvent voir ma grand-mère à la maison de retraite, ma grand-mère qui n'a plus tout sa tête. 

Je me demande ce qu'il peut bien nous rester, quand nous perdons nos souvenirs. Cela doit être terrible, d'autant lorsque nous prenons conscience de la maladie. C'est un récit très touchant, et il l'est devenu encore plus lorsque j'ai appris à la fin que les personnages étaient inspirés de personnes ayant réellement existé.


15/20