jeudi 21 juin 2018

Les carnets de Cerise, tome 4 : La déesse sans visage, de Joris Chamblain et Aurélie Neyret


Illustrateur·trice·s : Aurélie Neyret
Scénariste·s : Joris Chamblain
Éditeur·trice : Soleil
Collection : Métamorphose
Pages : 76
Date de parution : 27 janvier 2016
Genre·s : Bande-dessinée, jeunesse

Synopsis : Cerise est une jeune fille qui vit seule avec sa mère. Elle rêve de devenir romancière et a même déjà commencé à écrire ses carnets ! Son sujet favori : les gens, et plus particulièrement les adultes. Elle adore les observer pour tenter de deviner quels secrets ils dissimulent au fond d’eux... L’heure des vacances a sonné ! La visite d’un étrange manoir annonce une nouvelle enquête : chaque pièce est une énigme, chaque objet est un indice. Mais il est des secrets plus anciens qui ne demandent qu’à être dévoilés. Qui est cette déesse sans visage qui trône dans une pièce secrète ? Où se cache la partie manquante de ce tableau ? Mais surtout, qui tire vraiment les ficelles de ce nouveau mystère ? Si Cerise ne résolvait pas l’énigme à temps, les conséquences pourraient être terribles...

Mon avis : Mes dernières retrouvailles avec Cerise remontent après de quatre ans, avec le tome 3... Si bien que, pour ce quatrième, les souvenirs étaient un peu flous, mais le plaisir de replonger dans ces aventures n'en était que plus grand ! 

Cerise vient d'avoir 12 ans et, à l'aube de l'adolescence, elle souffre de l'absence de son père et ne parvient pas à tout dire à sa mère... Heureusement, elle est toujours accompagnée de ses amies Line et Erica, qui vont même la rejoindre pour cette nouvelle énigme. Mais cette fois, c'est sa mère qui l'emmène dans un mystérieux manoir pour résoudre une enquête. 

Chaque participant·e a une énigme, Cerise et sa maman doivent découvrir qui est la déesse sans visage qui se cache dans l'un des tableaux du château. Au fur et à mesure de son avancée, la jeune fille va se rendre compte qu'un mystère en cache un autre... 

Quel plaisir de retrouver les personnages de Joris Chamblain, sublimés par le coup de crayon d'Aurélie Neyret ! Cerise, sa maman, Line, Erica... ainsi que les autres protagonistes qui gravitent autour d'elles. Et cette enquête était vraiment chouette, j'ai beaucoup aimé les recherches dans le manoir. Et le fait que l'intrigue se passe dans le Morbihan, en Bretagne, où j'ai passé une partie de ma vie (je suis maintenant en Ille-et-Vilaine, toujours en Bretagne, donc), m'a vraiment fait plaisir !

L'entrée dans l'adolescence de Cerise est intéressante. Nous voyons le personnage grandir et mûrir, et elle commence à entretenir une relation compliquée avec sa mère, ce qui va, à mon avis, être important dans le cinquième tome. 

Malgré cela, j'ai moins aimé cette enquête parce que je l'ai trouvée moins intéressante et très vite terminée. C'est surtout ce que ce tome va apporter pour la suite qui m'a semblé important... Et j'ai d'ailleurs très envie de lire (et rapidement !) le tome 5.

15/20

Titan noir, de Florence Aubry

Auteur·trice·s : Florence Aubry
Éditeur·trice : Rouergue
Collection : Doado
Pages : 188
Date de parution : 4 avril 2018
Genre·s : Jeunesse

Synopsis : Après son bac, Elfie se trouve un job d'été dans un parc océanographique. Très vite, on lui propose de devenir dresseuse d'orques. Un boulot de rêve, croit-elle. Elle croit aussi qu'ils sont amis, Titan et elle. Elle croit que dans ce parc, les animaux sont heureux.
Mais, si vous ouvrez ce livre, vous y lirez des pages noires. Vous y lirez la véridique histoire de cette orque magnifique, Titan, l'histoire très sombre de la souffrance des cétacés en captivité.
Un roman inspiré de l'histoire vraie de l'orque tueuse Tilikum.

Mon avis : Militante pour les droits et la libération des animaux, je ne pouvais qu'être intéressée par ce livre. À travers une fiction, destinée principalement aux ados, l'autrice dénonce la captivité des cétacés dans les parcs. Nous allons en effet faire la rencontre de Titan, une magnifique orque mâle, entièrement noire, et d'Elfie, une jeune fille de dix-huit ans qui a trouvé un travail d'été dans un parc océanographique, à la caisse. 

Rapidement, Elfie va devenir dresseuse d'orques, ce qu'elle imagine être un boulot de rêve. Elle pense en effet que les animaux sont heureux. Mais ce n'est pas le cas, y compris pour Titan. Son histoire est librement inspirée de Tilikum, l'orque tueuse. 

Le livre est scindé en deux parties : nous suivons le point de vue d'Elfie avec les pages blanches, et un autre point de vue, avec les pages noires, qui nous révèle la réalité de ce qui se passe dans les parcs. 

Toutes les études sur le sujet prouvent que les animaux sont des êtres sentients (la capacité d'éprouver des choses subjectivement, des émotions, d'avoir des expériences vécues), et nombreux sont-ils à ne plus supporter la captivité au point de tenter de se suicider. Mais les êtres humains pensent avoir droit de dominer tous les autres animaux et, pour notre propre plaisir, nous leur faisons subir des horreurs absolues. Les cétacés ne sont pas en reste... et c'est ce dont Florence Aubry parle dans ce livre. 

Petit à petit, Elfie va être amenée à ce poser des questions et nous la voyons évoluer, tandis que l'autre narrateur nous parle des sentiments de Titan. De sa colère, de sa haine, de son désir de vengeance, son rêve de liberté... À plusieurs reprises, j'ai versé des larmes. La réalité m'a touchée, bien que je la connaissais déjà. 

Alors oui, vous pourriez vous prendre une belle claque en lisant ce roman. Mais c'est absolument indispensable de prendre conscience de ce que nous faisons en allant dans des parcs océanographiques (j'ajoute que nous faisons la même chose en allant au zoo, au cirque, en pêchant, en chassant, en mangeant des produits d'origine animale et en utilisant des produits d'origine animale ou testés). Alors oui, si vous décidez d'aller dans un parc avec des cétacés, vous faite partie du problème. 

Revenons-en au livre. La seule chose que je peux lui reprocher, c'est le manque de profondeur et de maturité (ce second point est assez normal, elle n'a que dix-huit ans) d'Elfie, que j'ai trouvée, somme toute, assez inintéressante. Mais les passages sur Titan et les autres orques sont bouleversants tant ils sont réalistes. 

Je vous invite à vous renseigner auprès de l'association C'est assez ou, comme le suggère l'autrice, à visionner le documentaire Blackfish que je compte bien voir.

Merci à Babelio pour cette Masse Critique qui m'a permis de découvrir ce livre et merci aux éditions Rouergue pour cet envoi. Et, enfin, merci à Florence Aubry pour ce roman engagé et nécessaire.

17/20

lundi 18 juin 2018

Libérez-nous, de Patrick George


Auteur·trice·s : Patrick George
Illustrateur·trice·s : Patrick George
Éditeur·trice : L'Ecole des Loisirs
Collection : Pastel
Pages : 32
Date de parution : 10 février 2016
Genre·s : Album, jeunesse

Synopsis : Une tête de cerf au-dessus de la cheminée ou dans les bois ? Une tortue capturée dans un filet de pêche ou qui pond ses oeufs dans le sable ? 10 000 poules sans lumière ou qui picorent près du lapin? Des chaussures de luxe ou un crocodile dans la mare ? Un dauphin qui fait le show ou qui plonge avec ses frères dans la mer ?

Mon avis : Un album de quelques pages, sans texte - si on excepte la question qui nous est posée à la fin - que j'ai offert à mon neveu pour Noël 2016... J'étais végane depuis environ trois mois, et j'ai acheté ce livre quelques jours avant d'avoir pris la décision de devenir végane. Mon neveu n'est pas du tout éduqué dans ce sens-là, puisque ces parents ne le sont pas, et il avait un an et demi lorsque je lui ai offert. C'est devenu son livre préféré !

Un livre qui invite les enfants à aider les animaux (qui sont exploités principalement pour l'alimentation, mais pas uniquement) et à les libérer... et qui montre plusieurs aspects de l'exploitation animale (pêche, chasse, zoos, cirques, cuir, fourrure...). 

Il suffit de tourner les pages transparentes pour pouvoir les sauver pour qu'ils se retrouvent dans un endroit meilleur et plus adapté pour eux (si c'était aussi simple...), et mon neveu est toujours ravi de le faire ! 

C'est un album militant, et j'ose espérer qu'un jour il ne sera plus utile... En attendant, c'est un superbe travail réalisé par Patrick George pour parler de condition animale ! 

17/20