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mercredi 11 décembre 2019

Le dernier refuge, de Pr Saint-Dizier et Alex-Imé


Illustrateur·trice·s : Alex-Imé
Scénariste·s : Pr Saint-Dizier
Coloriste·s : Simon Champelovier
Éditeur·trice : Glénat
Pages : 56
Date de parution : 26 juin 2019
Genre·s : Bande dessinée, historique

Synopsis : Corentin est employé au Cimetière central, dont il est plus précisément responsable du secteur où les animaux sont inhumés. Le lieu est d'ailleurs baptisé communément le Cimetière des chiens. Il faut dire que Corentin a un don avec les animaux. Il n'hésite pas à s'occuper de tous les chiens et chats errants du quartier, faisant du cimetière le dernier refuge pour les morts comme pour les vivants.
Mais alors que la guerre approche et menace la ville, le directeur du cimetière se voit contraint de fermer le Cimetière des chiens, réquisitionné par l'armée pour une raison des plus funestes... Si les humains pourront toujours reposer en paix, où vont donc bien pouvoir aller leurs meilleurs amis ?

Mon avis : Deux amies m'avaient conseillé ce livre, si bien que je n'ai même pas jeté un coup d'oeil au résumé avant de me plonger dans l'histoire... celle de Corentin, un jeune homme qui travaille au cimetière central, également appelé le cimetière des chiens. En effet, sous la terre, il n'y a pas que des humain·e·s : on peut également y trouver des animaux dits de compagnie, que Corentin s'est chargé d'enterrer. 

Mais il n'y a pas que les mort·e·s puisque nombre de chat·te·s errant·e·s peuplent ce lieu, tel un foyer. Tout irait pour le mieux si l'intrigue ne se situait pas lors de la Grande Guerre. Le cimetière des chiens va être réquisitionner par l'armée... 

Le scénario imaginé par Pierre-Roland Saint-Dizier peut paraître un peu étrange et pourtant... j'ai appris l'importance des animaux durant la Première Guerre Mondiale (les chevaux, les chiens et les oiseaux, par exemple). À la toute fin du livre, il y a des informations sur la SPA (la Société Protectrice des Animaux), ce qui est toujours intéressant à apprendre. 

Au niveau des illustrations, réalisées par Alex-Imé, elles sont assez réalistes et dépeignent plutôt bien la guerre, ce qui est renforcé par la colorisation, réalisée par Simon Champelovier, généralement très sombres. 

C'est une belle bande dessinée qui permet de parler du rôle des animaux durant la Grande Guerre mais aussi de ce cimetière des chiens. Un bel hommage pour nos ami·e·s à quatre pattes. 

15/20

lundi 9 décembre 2019

Le coeur battant du monde, de Sébastien Spitzer


Auteur·trice·s : Sebastien Spitzer
Éditeur·trice : Albin Michel
Pages : 445
Date de parution : 21 août 2019
Genre·s : Roman, historique

Synopsis : Dans les années 1860, Londres, le cœur de l'empire le plus puissant du monde, se gave en avalant les faibles. Ses rues entent la misère, l'insurrection et l'opium.
Dans les faubourgs de la ville, un bâtard est recueilli par Charlotte, une Irlandaise qui a fui la famine. Par amour pour lui, elle va voler, mentir, se prostituer sans jamais révéler le mystère de sa naissance. L'enfant illégitime est le fils caché d'un homme célèbre que poursuivent toutes les polices d'Europe. Il s'appelle Freddy et son père est Karl Marx.
Alors que Marx se contente de théoriser la Révolution dans les livres, Freddy prend les armes avec les opprimés d'Irlande. 

Après Ces rêve qu'on piétine, un premier roman très remarqué et traduit dans plusieurs pays, qui dévoilait l'étonnante histoire de Magda Goebbels, Sébastien Spitzer prend le pouls d'une époque où la toute-puissance de l'argent brise les hommes, l'amitié et l'espoir de jours meilleurs.

Mon avis : Il y a deux ans, je découvrais Sébastien Spitzer, journaliste, à travers son premier roman historique, Ces rêves qu'on piétine, retraçant le parcours de Magda Goebels. J'avais beaucoup aimé cet ouvrage, aussi ai-je voulu lire celui-ci également. 

Cette fois, l'auteur nous raconte l'histoire de Frederic Demuth, né à Londres en 1851. Il est le fils de Karl Marx et de sa gouvernante. Dès sa naissance, Freddy a été renié et s'est retrouvé adopté par Charlotte, une jeune femme irlandaise. Si, sur le papier, Marx défend les opprimé·e·s, il est obsédé par l'argent tandis que son fils caché prend les armes pour défendre sa cause. 

Ne connaissant pas l'histoire de Marx, j'ignorais qu'il avait eu un bâtard et cet ouvrage m'a permis d'en apprendre plus sur Frederic Demuth, bien qu'une partie ait été romancée par l'écrivain. Seulement, raconter quinze ans de vie était également l'occasion de parler de la crise du coton, de la guerre de Sécession... Alors bien que Sébastien Spitzer ait inventé le personnage de Charlotte - puisque nous ne savons pas qui a élevé le fils de Marx -, il se base sur des faits réels et parle de protagonistes qui ont réellement existé (Marx, appelé Le Maure dans ce livre, Engels, mais aussi Freddy...). 

Ce livre est vraiment intéressant et se lit très facilement, malgré ces 445 pages qui peuvent paraître impressionnantes au départ. Ce roman historique permet d'en apprendre plus sur la guerre de Sécession, sur les grandes idées et les paradoxes de Marx et Engels... 

Une fois refermé, j'en suis sortie avec plus de connaissances qu'avant. Pour celleux qui, comme moi, aimeraient en apprendre plus sur l'Histoire sans pour autant se plonger dans de gros ouvrages un peu rébarbatifs - mais peut-être est-ce un cliché -, les romans historiques comme ceux que Sébastien Spitzer peut construire (même s'il n'en a écrit que deux) tombent à pic. 

15/20

lundi 18 novembre 2019

Le bal des folles, de Victoria Mas


Auteur·trice·s : Victoria Mas
Éditeur·trice : Albin Michel
Pages : 251
Date de parution : 21 août 2019
Genre·s : Roman, historique

Synopsis : Chaque année, à la mi-carême, se tient un très étrange Bal des Folles. Le temps d’une soirée, le Tout-Paris s’encanaille sur des airs de valse et de polka en compagnie de femmes déguisées en colombines, gitanes, zouaves et autres mousquetaires. Réparti sur deux salles – d’un côté les idiotes et les épileptiques ; de l’autre les hystériques, les folles et les maniaques – ce bal est en réalité l’une des dernières expérimentations de Charcot, désireux de faire des malades de la Salpêtrière des femmes comme les autres. Parmi elles, Eugénie, Louise et Geneviève, dont Victoria Mas retrace le parcours heurté, dans ce premier roman qui met à nu la condition féminine au XIXe siècle.

Mon avis : Voici LE livre de la rentrée littéraire qui me tentait, et la rencontre prévue à la librairie La nuit des temps a précipité la lecture, terminée avant ladite rencontre. Ce jour-là, l'autrice apprenait qu'elle avait obtenu le prix Renaudot des lycéens. 

Mais ce n'est certainement pas un prix - dans ce cas présent, décerné après que j'ai fini le livre - qui détermine mes choix littéraires. Cet ouvrage m'intéressait pour cet aspect historique dont je ne savais jusqu'alors rien. 

L'intrigue se déroule en France, au début du 19ème siècle, dans l'hôpital de la Salpêtrière. Des femmes y sont internées parce que jugées folles, hystériques, maniaques, à une époque où la médecine ne savait pas encore ce qu'étaient les crises d'épilepsie. Le professeur Charcot mène des expériences et amène certaines patientes devant un public afin de montrer ce qu'est une crise "d'hystérie", par exemple. Et, une fois par an, les bourgeois·e·s parisien·ne·s se réunissent pour le bal des folles : une véritable occasion de voir des internées - triées sur le volet - danser, divertir les gens et, peut-être, offrir des moments croustillants... 

Comme indiqué plus haut, il s'agit d'un roman historique. Victoria Mas a utilisé les faits ayant lieu à cette époque et nous les a contés à l'aide de personnages fictifs. Il y a Geneviève, une infirmière dévouée au médecin Charcot ; Louise, une jeune fille qui a été violée par son oncle et maltraitée par sa tante ; Thérèse, la plus âgée des internées, qui s'est prostitué dans sa jeunesse et, enfin, Eugénie, une fille de bonne famille qui parle avec des personnes mortes. L'arrivée de cette dernière à la Salpêtrière va tout bouleverser, notamment dans la vie de Geneviève. 

Bien que la majorité des femmes internées étaient issues de milieu pauvres et ouvriers, le personnage d'Eugénie déroge à cette règle. Comme les autres, elle dérange. Comme les autres, on la croit folle parce qu'elle ne se conforme pas à ce que la société de l'époque attend d'une femme. 

Ce roman est l'occasion de parler de la psychiatrie et du traitement des femmes malades - ou considérées comme tel - il y a deux siècles. Cet événement, qui n'est pas anodin, est une preuve de plus des souffrances que notre société patriarcale a infligées - et inflige toujours - aux femmes. Pour cela, je suis contente que l'autrice mette en avant un événement jusque-là assez peu connu. 

Concernant l'écriture, je l'ai trouvée plutôt simple et fluide. Il s'agit d'un premier roman et, de fait, le style littéraire n'est pas encore très élaboré. Cela ne m'a pas empêchée d'aimer ce livre, puisque j'y ai trouvé des protagonistes toutes attachantes, et une intrigue intéressante, donnant envie de se révolter et de se battre encore plus contre le sexisme !

16/20