mardi 6 août 2019

Mémé, de Philippe Torreton

Auteur·trice·s : Philippe Torreton
Éditeur·trice : L'Iconoclaste
Pages : 144
Date de parution : 16 janvier 2014
Genre·s : Mémoires, contemporain

Synopsis : «Mémé, c'est ma mémé, même si ça ne se dit plus.
Mémé me manque. Ses silences, ses mots simples au Scrabble, sa maison enfouie sous les pommiers et son buffet d'avant-guerre. Ce texte est subjectif, partial, amoureux, ce n'est pas une enquête, ce n'est pas une biographie, c'est ce que j'ai vu, compris ou pas, ce que j'ai perdu et voulu retenir, une dernière fois. Mémé, c'est mon regard de gamin qui ne veut pas passer à autre chose.»

Voici le portrait qu'à plus de quarante ans Philippe Torreton fait de celle qui fut le personnage central de son enfance, un portrait tendre et nostalgique, construit par petites touches comme la mémoire, où chacun retrouvera sa grand-mère ou celle dont il a rêvé.

Mon avis : Je ne connais pas vraiment Philippe Torreton en tant que comédien ou pour ses engagements politiques. Ainsi, lorsque j'ai offert cet ouvrage à ma Mémé il y a quelques années, avec mon frère et ma soeur, c'était plutôt pour le titre, qui était exactement le nom que nous donnions à notre grand-mère paternelle depuis notre naissance. 

Dernièrement, elle m'a dit qu'elle l'avait lu (oui, elle fait un peu comme moi, elle garde des livres pour les lire plus tard) et j'ai eu alors envie de le lui emprunter, afin qu'on puisse en discuter. Je me suis plongée dans l'enfance de l'auteur, auprès de sa Mémé. 

Née en 1914, la grand-mère de Philippe Torreton a connu les deux guerres, mais aussi la dureté de la vie paysanne, surtout à cette époque. Il y a parle de sa vie en Normandie et il critique le gaspillage et la surconsommation de notre société, à laquelle sa Mémé n'a jamais pris part. Elle rafistolait, réutilisait, recollait... Une manière de faire dont nous devrions un peu plus nous inspirer, d'ailleurs. Il semblerait que l'auteur pense la même chose. 

C'est un livre que j'ai trouvé touchant, avec plusieurs passages qui m'ont fait pleurer. Mes grands-mères sont encore en vie, mais j'ai retrouvé un peu d'elles dans le portrait dressé par l'écrivain. J'en ai d'ailleurs parlé à ma Mémé, qui m'a dit qu'elle "avait eu la même vie qu'elle" (que la grand-mère de Torreton). Désormais, je comprends mieux pourquoi elle n'aime pas vraiment quand on dépense de l'argent pour lui offrir quelque chose. 

Ce roman pourra parler à beaucoup de personnes issues d'un milieu paysan et ouvrier, et je le leur recommande particulièrement. Je suis ravie d'avoir lu cet ouvrage, de partager ceci avec ma grand-mère et de pouvoir en discuter avec elle. Et aussi d'avoir un meilleur aperçu de ce que sa vie a pu être. 

15/20

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