mardi 28 mai 2019

La servante écarlate, de Margaret Atwood


Auteur·trice·s : Margaret Atwood
Traducteur·trice·s : Sylviane Rué
Éditeur·trice : Robert Laffont
Collection : Pavillons poche
Pages : 522
Date de parution : 16 novembre 2017
Genre·s : Roman, science-fiction

Synopsis : Dans un futur peut-être proche, dans des lieux qui semblent familiers, l'Ordre a été restauré. L'Etat, avec le soutien de sa milice d'Anges noirs, applique à la lettre les préceptes d'un Evangile revisité. Dans cette société régie par l'oppression, sous couvert de protéger les femmes, la maternité est réservée à la caste des Servantes, tout de rouge vêtues. L'une d'elle raconte son quotidien de douleur, d'angoisse et de soumission. Son seul refuge, ce sont les souvenirs d'une vie révolue, d'un temps où elle était libre, où elle avait encore un nom. Une œuvre d'une grande force, qui se fait tour à tour pamphlet contre les fanatismes, apologie des droits de la femme et éloge du bonheur présent.

Mon avis : Publié dans les années 80, ce roman connaît un succès depuis quelques années, d'autant plus depuis l'adaptation en série télé (que j'espère visionner bientôt), et il me semblait impossible de passer à côté. Le challenge FeminiBooks avec la thématique pour le mois de mai (à savoir "Lire un livre de science-fiction dont l'héroïne est une femme") semblait tout trouver pour le sortir de ma pile à lire. 

Nous allons suivre Defred, une femme qui a été séparée de force de son mari Luke et de leur fille. Elle est amenée dans une sorte de couvent, désormais servante écarlate, destinée à procréer pour les Commandants et les Épouses. Elle nous raconte son quotidien dans ce milieu carcéral, dans un monde les droits des femmes ont été retirés. Du jour au lendemain, elles n'ont plus eu le droit de travailler ou de disposer d'une carte de crédit. Defred est maintenant obligée d'enfanter pour autrui et évoque alors ses souvenirs et son désir que les choses changent. 

Au départ, j'étais peu enthousiaste en lisant cet ouvrage, puisque je trouvais la plume de l'autrice un peu froide : nous en savions peu sur Defred et ça me semblait impersonnel. Mais, au fur et à mesure de ma lecture, quelques réponses étaient apportées (bien que d'autres restaient en suspens), et je me suis prise à tourner les pages presque avec frénésie, quand je commençais à lire. 

Ce qui est intéressant - et terrifiant ! - avec les dystopies, c'est qu'elles finissent toujours par s'approcher de la réalité... Cet ouvrage a été publié il y a plus de trente ans et, alors que j'ai commencé à le lire, certains États des États-Unis ont mis en place des lois interdisant l'avortement. Bien sûr, il ne se passe pas la même chose que dans ce roman, mais il semble être une perspective possible de l'avenir. 

Parfois, j'avais froid dans le dos ou envie de pleurer, parce que je sentais que ça pouvait devenir vrai. Quels droits allons-nous conserver en tant que femmes, dans le futur ? Ils semblent ne s'appuyer sur rien, et il reste tant de chemin à parcourir pour atteindre l'égalité... Alors oui, je sais que l'autrice ne dit pas que ce livre est féministe (puisque la condition des hommes dans l'histoire n'est pas bien plus enviable), mais il s'en approche et est souvent qualifié ainsi. 

Il s'agit d'un roman aux allures prémonitoires effrayantes, que j'ai beaucoup aimé et qui me marquera longtemps.  

17/20

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