dimanche 6 janvier 2019

Jours sans faim, de Delphine de Vigan


Auteur·trice·s : Delphine de Vigan
Éditeur·trice : J'ai lu
Pages : 125
Date de parution : 2009
Genre·s : Roman, autobiographie

Synopsis : "Cela s'était fait progressivement. Pour en arriver là. Sans qu'elle s'en rende vraiment compte. Sans qu'elle puisse aller contre. Elle se souvient du regard des gens, de la peur dans leurs yeux.

Elle se souvient de ce sentiment de puissance qui repoussait toujours plus loin les limites du jeûne et de la souffrance. Les genoux qui se cognent, des journées entières sans s'asseoir.

En manque, le corps vole au-dessus des trottoirs. Plus tard, les chutes dans la rue, dans le métro, et l'insomnie qui accompagne la faim qu'on ne sait plus reconnaître.

Et puis le froid est entré en elle, inimaginable. Ce froid qui lui disait qu'elle était arrivée au bout et qu'il fallait choisir entre vivre et mourir."

Mon avis : Après avoir enchaîné deux lectures que j'ai beaucoup aimées, Les heures souterraines et D'après une histoire vraie, j'ai voulu faire une "pause" avec les livres de Delphine de Vigan, afin d'en profiter plus longtemps. Et cette fois, je me suis penchée vers son premier roman, publié initialement sous le pseudonyme de Lou Delvig. 

Nous suivons Laure, une jeune femme de 19 ans hospitalisée parce qu'elle est anorexique. Elle pèse 36 kilos pour 1 mètre 75 : sa vie est en danger. Jour après jour, elle nous raconte son quotidien, ses inquiétudes à l'idée de reprendre du poids, sa famille, son médecin, les monologues de "la bleue", et sa maladie. 

Pour Laure et pour toutes les personnes anorexiques, se nourrir est un combat. Elle ne veut pas mourir, mais s'effacer, jusqu'à disparaître. Grâce à cet ouvrage, l'autrice me permet de comprendre un peu mieux cette maladie si complexe... qu'elle a elle-même connue. En effet, c'est un roman autobiographique. 

Le style d'écriture m'a énormément plu, il y a de très belles phrases, sans jamais tomber dans le pathos pour autant. Le·la lecteur·rice est plongé·e dans l'esprit de Laure, immergé·e à l'intérieur de ce corps et de cette tête malades. Et puis, il y a les propos de la bleue, qui m'ont tellement énervée, mais qui représentent plutôt bien, j'ai l'impression, ce qu'un·e anorexique peut entendre. 

Pour finir, j'ai un message un peu personnel à faire passer... Je voudrais te dire merci. De m'avoir fait découvrir ce livre, mais aussi pour la confiance absolue que tu places en moi. Parce que tu es une personne formidable, absolument merveilleuse. Je sais que tu vas y arriver. Alors guéris. Vis. Fleuris. Sois heureuse. Ne t'en veux pas, jamais, ce n'est pas de ta faute. Je t'aime. 

Et merci à Delphine de Vigan pour ce témoignage beau et puissant. 

15/20

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