mercredi 10 octobre 2018

L'Amour est une haine comme les autres, de Stéphane Louis, Lionel Marty et Véra Daviet


Illustrateur·trice·s : Lionel Marty
Scénariste·s : Stéphane Louis
Coloriste·s : Véra Daviet
Éditeur·trice : Bamboo
Collection : Grand Angle
Pages : 72
Date de parution : 1er février 2017
Genre·s : Bande-dessinée, contemporaine

Synopsis : Une amitié interdite dans la Louisiane raciste des années 30...

"Amis pour la vie", rien ne semble pouvoir séparer Will, un jeune blanc pas fait pour les études, et Abe, son copain noir à l'esprit vif : ni l'hostilité de leur famille respective ni le racisme haineux qui gangrène l'ensemble de la société américaine.

Un pacte est même scellé : Abe aidera Will pour ses devoirs, et Will trouvera toujours du travail à Abe. Au fil des ans, malgré la pression et la violence du racisme quotidien qui les entourent, les deux hommes s'attachent à rester amis. Mais ce fragile équilibre risque d'être mis à mal. Responsabilités écrasantes, familles oppressantes, femmes...

Une amitié d'enfance, si forte soit-elle, peut-elle survivre à de telles pressions dans cette Amérique là ?

Mon avis : Intriguée par ce joli titre, L'amour est une haine comme les autres, j'ai eu terriblement envie de découvrir ce livre après avoir eu connaissance du résumé. L'histoire se passe en Louisiane, dans les années 30, où deux jeunes garçons vont devenir amis. Seulement, Abe est noir, et Will, blanc, est le fils d'un homme à la tête d'une grande entreprise, et qui est membre du Ku Klux Klan. Les deux enfants font un marché : Abe, qui est érudit, aidera Will pour ses études, et ce dernier lui renverra la balle en l'aidant pour lui trouver du travail, plus tard. Seulement, de part leur couleur de peau différente, ils enfreignent des règles très strictes à cette époque où le racisme fait loi...

C'est un livre qui parle de racisme, de haine, mais aussi de la force de l'amitié. Bien que des horreurs nous sont racontées par le scénariste, Stéphane Louis, (j'ai, par exemple, découvert l'existence des "picnics" organisés par le Ku Klux Klan), il y a des passages qui restent bon enfant, qui permettent de souffler un peu... Il y a de nombreux flashs-backs, qui m'ont parfois un peu perdue, mais cette manière de narrer était intéressante.

J'ai trouvé les dessins de Lionel Marty plutôt beaux dans l'ensemble, même si certaines planches me paraissaient moins travaillées que d'autres... Les expressions des personnages sont très réussies et réalistes, et les couleurs, faites par Véra Daviet, collaient plutôt bien à l'univers.

Cette histoire est très belle, elle donne de l'espoir tout en évoquant des choses terribles. Je frémissais d'horreur face à une telle déferlante de haine et de violence. J'ai trouvé que certains personnages étaient un peu caricaturaux, que c'était peut-être un peu trop manichéen, mais qu'ils représentaient bien l'Amérique des années 30.

La fin m'a un peu déçue parce que je l'ai trouvée trop peu réaliste, mais l'ensemble m'a beaucoup plu. J'ai aimé l'invitation à se battre contre le racisme, parce que ce n'est pas fini et que tout reste encore à faire.

16/20

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