mardi 4 septembre 2018

Histoire de la violence, d'Edouard Louis, lu par Philippe Calvario


Auteur·trice·s : Edouard Louis
Lecteur·trice·s : Philippe Calvario
Éditeur·trice : Audiolib
Pages / durée : 240 pages / 314 minutes
Date de parution : 2016
Genre·s : Témoignage

Synopsis : "J'ai rencontré Reda le soir de Noël 2012, alors que je rentrais chez moi après un repas avec des amis, vers quatre heures du matin. Il m'a abordé dans la rue et j'ai fini par lui proposer de monter dans mon studio. Ensuite, il m'a raconté l'histoire de son enfance et celle de l'arrivée de son père en France, son père qui avait fui l'Algérie. Vers six heures du matin, il a pris plusieurs de mes affaires, il a sorti un revolver et il a dit qu'il allait me tuer. Il m'a insulté, frappé, violé. Le lendemain les démarches médicales, policières et judiciaires ont commencé, qui, plus qu'elles ne réparent la violence, la prolongent et l'aggravent." Ce livre retrace l'histoire de cette nuit et des jours suivants. Construit comme un huis clos, il tient son originalité de la puissance de son sujet, et de sa construction formelle. En effet, plus tard, Edouard se confie à sa soeur, qui décrit à son tour les faits à son mari. Edouard l'entend par une porte entrouverte. Les deux récits s'entremêlent dans une spectaculaire opposition de langages, offrant des points de vue différents sur ce qui s'est passé cette nuit-là, sur ce qui peut permettre de comprendre les dynamiques de l'agression et du traumatisme. Ils évoquent l'enfance d'Edouard, mais aussi celle de Reda et de son père, les effets de l'émigration, du racisme, de la misère. Et posent des questions sur les mécanismes judiciaires auxquels les victimes sont confrontées ou encore sur le rôle de l'amitié. Ce livre propose une histoire de la violence, de ses origines, ses raisons et ses causes.

Mon avis : 

Tw : viol, armes à feux, étranglements

C'est le premier livre d'Edouard Louis que je lis, et j'ai cru comprendre qu'il parlait de ces traumatismes. L'écriture est un moyen, pour beaucoup de personnes, d'enfin réussir à dire ce qui ne va pas, ce qui leur fait mal. Sur les critiques que j'ai pu lire, j'ai lu plusieurs fois qu'il passait "son temps à se plaindre" (ou autres phrases du même type), et je n'approuve pas du tout ce genre de réactions. Il ne se plaint pas, il raconte ce qu'il a vécu et comment il a ressenti les choses face à un événement traumatisant. 

Un soir de Noël, Edouard rencontre un jeune homme, qui dit s'appeler Reda, et ils vont passer la nuit ensemble. Entre plusieurs relations sexuelles, Reda va raconter son enfance et son père qui avait dû fuir l'Algérie... Mais les choses vont déraper, pour une histoire de téléphone volé par Reda. Ce dernier va étrangler Edouard, le menacer avec une arme à feu, et le violer. L'écrivain raconte ce traumatisme, quelles pensées il a pu avoir par la suite, et il donne une idée des origines de la violence et comment celle-ci peut se mettre en place chez un individu. 

J'attendais complètement autre chose de ce livre, qui, au final, est plutôt un témoignage de ce qui s'est passé ce soir de Noël... Le tout est raconté à deux voix : celle de la soeur d'Edouard (qui parle à son mari de ce qui est arrivé à Edouard), et lui-même. Mais il n'y avait pas tant d'analyse de la violence. Cet ouvrage était intéressant, et puissant, d'autant plus que je l'ai écouté en version audio, lu par Philippe Calvario... mais il n'évoquait pas le racisme et comment le vivre pouvait conduire à être violent, ou pas comme je l'imaginais. 

Malgré tout, j'ai trouvé que l'auteur s'était bien exprimé, et qu'il ne passait pas son temps à "geindre" comme j'ai pu le lire çà et là : il parle de son ressenti face à cette terrible agression. Ce n'est que la vérité, sa vision des choses. 

Un poil déçue par le manque d'analyse (promise en quatrième de couverture), mais c'était quand même une bonne lecture. 

14/20

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