mardi 12 juillet 2016

Je ne suis pas mort, d'Hiroshi Motomiya

Scénariste·s : Hiroshi Motomiya
Illustrateur·trice·s : Hiroshi Motomiya
Traducteur·trice·s : Tetsuya Yano
Éditeur·trice : Delcourt
Collection : Akata
Genre : Manga, seinen

Synopsis : L'histoire d'Okada Kenzou, un homme de soixante ans fatigué par la vie. Licencié récemment et à la veille de la retraite, il découvre, alors qu'il revient de l'équivalent japonais de l'ANPE, son domicile vide. Sa femme l'a quitté, ne lui laissant rien d'autre que les papiers du divorce et un compte en banque vide. Ses enfants, eux, déjà adultes, ont fait changer leurs numéros de téléphone, bien décidés à ne plus jamais avoir affaire à cet homme, presque étranger, qu'ils n'ont finalement jamais vu que travailler. Il n'en faudra pas plus au vieil homme pour faire un bilan navrant de sa vie. Décidé à en finir, ses pas le ramèneront dans sa région natale. Mais alors qu'il tente de se pendre à un arbre, la branche se brise et la corde se rompt. Toujours en vie, il choisit alors de commencer une nouvelle vie dans cette nature qui a refusé de le laisser mourir... 


Mon avis :

Tome 1 (264 pages) : Okada Kenzou est un chômeur de soixante ans qui approche de la retraite. Alors qu'il rentre de l'agence pour l'emploi, il trouve sa maison quasiment vide. Sa femme est partie sans laisser autre chose que des papiers de divorce. Elle a même vidé le compte en banque de son mari. Et leurs enfants ont changé de numéro de téléphone pour ne plus avoir aucun contact avec leur père... Désespéré, ce dernier tente de se suicider mais n'y parvient pas. Il décide alors de vivre dans cette nature qui n'a pas voulu qu'il meure... 

C'est un livre au sujet très original, et bien qu'il y ait une dimension très dramatique derrière, c'est une belle histoire. Un homme suicidaire et dépressif qui retrouve le goût à la vie grâce à un retour à la terre et aux choses simples. J'ai beaucoup aimé ce personnage, qui a su se reconstruire et se débrouiller. Je sais qu'il s'agit d'un premier tome, et j'ai très envie de découvrir le second, la fin étant vraiment intrigante. 

J'ai beaucoup aimé les dessins, Hiroshi Motomiya alternant les moments glauques et les sublimes paysages. Il est clair que l'auteur a du talent, autant dans ses idées que dans sa façon de dessiner. Il est tout aussi capable d'illustrer un magnifique paysage de montagne qu'une personne en train de se pendre. Je ne suis pas forcément fan de mangas, et ça a été une très bonne découverte. 

15/20

Tome 2 (225 pages) : Cette fois, nous allons suivre le fils du personnage principal, Kenzou, rencontré dans le précédent volume. Masao Okada a trente ans, il est célibataire, sans enfant, et il peine à retrouver un travail. En attendant, il est intérimaire, mais cette situation ne peut durer...

Il va partir sur les traces de son père disparu huit ans plus tôt après avoir été quitté par sa mère. Il va découvrir que Kenzou a vécu comme dans la forêt durant plusieurs années, et qu'il a su se débrouiller seul, avec pour compagnie une jeune femme et son enfant en bas âge. 

J'ai trouvé cette suite très intéressante, puisque l'auteur y dénonce une fois encore les conditions de travail au Japon (même si ça peut s'appliquer partout, globalement), et même le harcèlement sexuel et la pression que la société exerce sur chacun·e d'entre nous. 

Bien que ce deuxième tome n'était peut-être pas nécessaire, il était agréable à lire et la critique qui est faite de notre société est réaliste. De plus, il n'y a plus ce côté glauque comme dans le précédent volume, avec Kenzou Okada qui voulait se suicider. Cette fois, Hiroshi Motomiya nous laisse profiter de ces illustrations qui s'éloignent un peu des codes traditionnels du manga. Les dessins sont plutôt travaillés et les paysages, tout comme les visages des protagonistes, sont une véritable réussite. 

C'est avec une pointe de tristesse que je termine cette très courte série, qui se suffisait en tant que duologie. 

15/20

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