lundi 29 juillet 2019

Indéterminés, de Samantha Bailly


Auteur·trice·s : Samantha Bailly
Éditeur·trice : JC Lattès
Pages : 446
Date de parution : 7 mars 2018
Genre·s : Roman, jeunes adultes

Synopsis : En cinq ans, Ophélie a gravi à toute vitesse les échelons de Pyxis, entreprise pilier du marché du divertissement : la stagiaire fraîchement débarquée de Bretagne s’est muée en parisienne sophistiquée et, à même pas trente ans, a été nommée directrice de la communication. Alors que la voilà enfin parvenue à la place qu’elle a tant convoitée, Pyxis est rachetée par GameVision, géant de l’industrie des jeux vidéo : adieu l’ambiance familiale et décontractée, Pyxis devra maintenant satisfaire les intérêts financiers d’actionnaires inconnus. Licenciements à la chaîne, changements de stratégie, climat tendu… Ophélie se retrouve en pleine tempête professionnelle, tempête qui ne tarde pas à gagner sa vie personnelle, lorsqu’Arthur Mareuil, ancien stagiaire qu’elle a bien connu, est nommé analyste financier chez Pyxis. La femme accomplie qu’elle est devenue saura-t-elle résister davantage qu’il y a cinq ans au charme du jeune homme ? Au travers de ces deux personnages, Samantha Bailly dessine le portrait tendre et incisif de toute une génération, avec une interrogation qui affleure : comment parvenir à trouver sa place dans un monde en crise ?

Mon avis : Après la lecture du premier volume, Les stagiaires (acheté lorsque j'étais moi-même en stage) et le second, À durée déterminée, l'autrice a conclu cette trilogie avec Indéterminés. Nous faisons un bond de quelques années pour retrouver Ophélie, qui approche la trentaine et qui est en couple avec James. Elle travaille toujours à Pyxis, en tant que directrice de la communication, en CDI et s'est bien épanouie. 

Malheureusement, deux événements vont bouleverser son quotidien. Premièrement, le retour d'Arthur dans la boîte. Il a été embauché en CDD comme analyste financier chez Pyxis, et va remuer un tas de souvenirs chez la jeune femme. Deuxièmement, les restructurations dans l'entreprise après son rachat par le géant GameVision, qui va entraîner des licenciements à tour de bras. 

En phase au doute, Ophélie ne sait plus comment gérer sa vie professionnelle et personnelle. Quant à Arthur, il a beaucoup évolué ces dernières années, s'étant détaché du joug familial. Après un voyage qui l'a profondément fait réfléchir, il est enfin parvenu à refuser l'argent - et l'aliénation qui allait avec - de sa mère. 

En parallèle à l'histoire d'Arthur et d'Ophélie (et la grande question : où cela va-t-iels les mener ?), nous suivons les changements d'une boîte, rachetée par une grosse entreprise, et ce que cela entraîne sur le plan humain. Des salarié·e·s sont licencié·e·s à tour de bras, et l'autrice nous décrit là une réalité que beaucoup d'entre nous connaissent. Lorsqu'on est un·e jeune adulte, l'incertitude face à l'avenir est probablement l'une des plus grandes angoisses. 

Je sentais le côté engagé de Samantha Bailly (qui, dans la vraie vie, se bat d'ailleurs avec acharnement pour le statut des auteur·rice·s) bien plus dans ce troisième volume, avec notamment le sujet du harcèlement sexuel au travail (et bien plus...), mais aussi par des petits moments (comme lorsqu'un des personnages évoque l'exploitation de celleux qui travaillent chez Uber). 

Il y a quelques passages qui m'ont beaucoup touchée, bien plus que je ne l'aurais imaginé. Ce livre m'a mise dans un état émotionnel fort, et je me suis sentie mal toute une journée en y repensant. Je ne veux pas en dire plus ici, mais les mots de l'autrice m'ont vraiment remuée et, pour ça, je lui dit merci. 

C'est avec une pointe de tristesse que j'ai quitté les protagonistes : Ophélie, Alix, Arthur (que je détestais dans le premier tome, pourtant), mais aussi les autres. 

15/20

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