lundi 19 juin 2017

Le peuple des abattoirs, d'Olivia Mokiejewski

Auteur·trice·s : Olivia Mokiejewski
Éditeur·trice : Grasset
Collection : Documents français
Pages : 176
Date de parution : 3 mai 2017
Genre : Essai, témoignage

Synopsis : « Leurs journées commencent en général avant celle des autres, au milieu de la nuit. Ils saignent, découpent, dépècent et désossent. L’obsession est de suivre les cadences et de tenir. Au départ, c’est un petit boulot, et ça devient un métier. En France, 50 000 ouvriers travaillent dans les abattoirs. Ils tuent et découpent, chaque jour, trois millions d’animaux et les transforment en steaks, côtelettes ou saucisses. Pendant trois ans, je suis partie à la rencontre de ces mal-aimés qui nourrissent les Français. Je les ai écoutés, j’ai entendu leur souffrance. Pour ce livre, je les ai rejoints sur la chaîne, quelques jours, sans me cacher, histoire de “faire les gestes”. Pour comprendre. »
Cet endroit à part, où l’on travaille dans le sang et les viscères, on le voit rarement d’aussi près. Pas même en vidéo. Sans parler de la « tuerie », le lieu auquel personne ne veut penser. Alternant portraits, rencontres et témoignages, Olivia Mokiejewski nous offre un récit puissant et salutaire. Bienvenue dans le monde tabou de l’industrie et de la mort.

Mon avis : Dans ce livre, la journaliste Olivia Mokiejewski nous raconte son immersion dans un abattoir pour y travailler quelques jours en tant qu'employée (sans être incognito pour autant), et elle nous livre les récits qu'elle a recueillis durant trois ans de la part d'ouvrier.ère.s de différents abattoirs. J'y ai trouvé certaines similitudes avec le livre de Geoffrey Le Guilcher, Steak machine

Ici, Olivia Mokiejewski s'interroge sur les conditions de travail en abattoir, les difficultés (autant physiques que psychologiques), les douleurs, le regard des autres, le rapport à l'animal et au travail effectué... tout ce que les employé.e.s peuvent vivre au quotidien. 

Nous l'avons vu depuis quelques années, notamment grâce aux vidéos filmées par l'association L214, la souffrance infligée aux animaux tués dans les abattoirs, et beaucoup de personnes - dont je fais partie - ont ainsi remis en cause leur alimentation. C'est extrêmement important d'être tenu.e informé.e de ce qui peut se passer dans lieux où les animaux sont abattus pour la consommation. Certes, les images sont difficiles à regarder, mais c'est encore plus difficile à vivre pour lesdits animaux... 

Et humainement parlant, pour celles et ceux qui y travaillent, cela peut être une rude épreuve. L'autrice s'intéresse plus particulièrement à cet aspect-là, sans pour autant négliger la cause animale (intrinsèquement liée aux conditions de travail des ouvrier.ère.s). Elle relaie les témoignages qu'elle a pu recueillir et nous parle, sans tabous et de manière objective, de ce qu'elle a pu ressentir durant ces quelques jours de travail en abattoir. 

Ainsi, le livre informe (et pas uniquement sur une base de témoignages et de ressentis, mais également avec des données chiffrées) de ce qu'inclue la consommation de produits carnés, sans pour autant se vouloir moralisateur. Je trouve particulièrement intéressant d'enfin parler d'animaux d'élevage et des employé.e.s d'abattoir, bien souvent oublié.e.s par la plupart des gens. 

Cette lecture a renforcé mes convictions, et j'encourage tout le monde à le lire. Vous n'êtes peut-être pas forcément sensible à la cause animale, mais cet essai traite plutôt de l'humain.e. C'est très enrichissant, vous en sortirez probablement grandi.e.

15/20

1 commentaire:

  1. J'en prends note, le sujet m'interpelle bcp et j'aimerai le découvrir !

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